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Wednesday, 18 May 2011

How to comment British current affairs in French: Les plus durement touchés

Voici un autre article (voir précédents) du blog d'Amandine Alexandre, journaliste française basée à Londres.

Une de mes étudiantes dont le fils est autiste a participé mercredi dernier à la manifestation dont parle cet article. Le jeudi, juste avant de venir à la leçon de français à 10h,elle avait lu tous les journaux dans un café et avait été choquée par le manque de couverture médiatiatique dans les quotidiens britanniques. Seul le Guardian avait couvert l'évènement sur la première page et plus loin, par une double page. Elle nous a raconté qu'un des manifestants souffrant d'une maladie d'une maladie mentale avait tout de même tenu à participer malgré son handicap et avait cité Gandhi: "on juge une société sur la manière dont elle traite les plus vulnérables."

A des fins didactiques, j'ai  'trafiqué' l'article. Allez vérifier si vos réponses sont justes sur son blog, Accent français. Profitez-en pour lire les autres articles.



 
A la sortie de la station de métro Embankment, des membres de la Royal Association of Deaf People (RAD) suivent les instructions d'un de leurs leaders pour rejoindre le rassemblement. Crédit photo: Amandine Alexandre

"Les plus durement touchés"

Ils sont paraplégiques ou tétraplégiques; certains sont atteints de sclérose en plaques ou de troubles mentaux; d'autres sont aveugles. Aujourd'hui, ils ont défilé à Londres pour protester contre la réforme des ____________ (benefits) pour les handicapés.
C'est l'un des grands chantiers du gouvernement de coalition -dans la droite ligne des idées du New Labour. Objectif: réduire le nombre de personnes qui vivent d'allocations. _______ (By) 2015, l'enveloppe des aides aux personnes handicapées va _____________ (decrease by) 10 ________________ ( billions Euros). ____________ (On average), chaque handicapé pourrait perdre _______________ (pourquoi un conditionnel ) un _________ (third) de ses modestes revenus. __________ (Hence) le nom donné par ses organisateurs à la manifestation d'aujourd'hui: "the hardest hit", les plus durement touchés -par la rigueur.
La réforme prend plusieurs formes. Mais, son impact peut être résumé en une ______________ (sentence). Toutes les personnes handicapées à qui j'ai parlé disent la même chose: avec la ___________( decrease) des ______________ (benefits), elles r________________ _____ ( might) perdre l'indépendance -toute relative- dont elles jouissent à présent.
Les handicapés disent tous aussi que s'ils ___________(could) trouver un travail adapté à leur condition physique, ils _____________________ (would be delighted), mais il est extrêmement difficile de trouver des employeurs prêts à s'adapter à eux. Patrick Lynch, _________ ( que/qui ?) j'ai rencontré __________ (on Monday) et qui est atteint d'une maladie de la moelle épinière, m'a raconté comment il _______________________ (had been sacked) de son travail après être tombé malade. Il ne comprend pas que le gouvernement __________ ( take him) pour ________________ (target), lui et les autres personnes handicapées. "J'ai travaillé ___________(for) 20 ans. Est-ce que ça n'est pas normal que l'Etat ___________________ (takes care of me) maintenant que je ne peux plus contribuer financièrement à la société?"

Tuesday, 15 February 2011

Want to talk about British Politics in French... do your homework!!!

Un autre très bon article d'Amandine Alexandre, une journaliste française free-lance basée à Londres, dont j'utilise les articles  à des fins didactiques. Si vous étudiez le français et voulez parler politique avec vos amis français, voià pour le vocabulaire. Pour voir si vous avez trouvé les mots et expressions manquants, allez sur  accent francais la-big-society-de-cameron-fait-boum.

New Project with Merton Libraries

We are recruiting volunteers for a new project In Merton Libraries

Opportunities include:

•  Children’s Activity•  Support Worker•  Outreach & Events Volunteer•  IT Trainer•  Reading Group Support•  Coffee Morning Co-ordinator•  Meeter and Greeter•  Book Fair Co-ordinator


La Big society de Cameron fait boum

Depuis des mois, David Cameron __________________________ (has been trying to convince) les Britanniques que ce ne sont pas les coupes budgétaires et le redressement des finances publiques qui lui donnent envie de se lever tous les matins. Non, le leader des Tories n'a pas une calculette à la place du coeur: le coeur de Cameron le millionnaire fait BOUM lorsqu'il pense à la "Big society". Et n'allez pas croire que je profite sournoisement de ce 14 février pour mettre la mièvrerie au goût du jour. Cameron a choisi la Saint Valentin pour relancer son projet de Big Society (Saint Valentin = big bisous = big society?) et avouer que la Big society est sa "passion". Je prends acte.
La Big society, selon ce qu'a expliqué Cameron ce matin, c'est 1) faire en sorte que les citoyens "prennent plus de responsabilités", 2) donner plus de pouvoir aux collectivités locales, 3) donner encore plus important qu'il ne l'est déjà aux ______________ ________________ ( charities). En résumé, toujours dixit Cameron, la Big Society, "c'est une différente façon de gouverner."

La Big Society et les Anglais: boum, badaboum
Voilà pour l'utopie. La réalité:  les organisations caritatives s'attendent presque toutes à voir leurs _______________ (subsidies) diminuer et à ____________( make redudant) du personnel. Dans ces conditions, comment ces mêmes organisations sont-elles en mesure d'accroître leur rayon d'intervention? Depuis la formation du gouvernement de coalition en mai dernier, le mystère n'a toujours pas été éclairci. Plus le temps passe, plus il s'épaissit, et plus les Anglais sont sceptiques. Selon un sondage publié récemment, 41% des personnes intérrogées est convaincue que c'est une entourloupe pour déguiser les coupes budgétaires.
Pour répondre aux critiques, justement, le leader des tories a expliqué ce matin que les ____________( councils) n'étaient pas obligées de tailler dans les subventions des "charities", qu'elles pouvaient faire des économies ailleurs. Cela tombe bien: dans la matinée était publié un rapport selon lequel 43% des responsables d'équipes municipales gagnaient plus que le Premier ministre, c'est-à-dire beaucoup, beaucoup d'argent (plus de 170 000 euros par an, eh oui)...Suivez mon regard pour trouver où faire des économies.
Je n'ai rien contre le fait de b___________( decrease) les salaires de banquiers des 'council chefs'. Le problème, c'est que 1) je doute que cela suffise et 2) je n'arrive toujours pas à comprendre par quel miracle les Britanniques, très touchés par la crise, vont trouver le temps de relever leurs manches pour aller s'occuper ________( à /de/0) la bibliothèque du quartier ou reprendre __________________ (on a voluntary basis-one word) le pub menacé de fermeture. Quand bien même ils en seraient capables car jouer les bibliothécaires ou les tenanciers de pub, cela ne s'improvise pas.

Big society = big divisions?
En fait, ce projet de Big Society me semble absurde et dangereux. Tout d'abord, parce que la Big society existe déjà -le secteur caritatif est très développé. Et, surtout,  l'objectif poursuivi par Cameron -un recul de l'Etat en faveur de l'action caritative- peut aboutir à l'effet inverse de celui escompté. Un exemple: les "free schools" qui ouvriront à la rentrée 2011. Ces écoles, créées par des parents, des entreprises, des organisations caritatives etc. décideront de leurs propres programmes, seront plus libres que les écoles publiques dans leur politique de recrutement et de rémunération des profs et n'auront pas à rendre de comptes aux autorités locales. Je crains que ces "écoles libres" ne soient des forteresses sur lesquelles un petit groupe d'individus règnent en maîtres. Fermez les yeux et imaginez une école créée et gérée par des parents (au secours!). C'est un retour de plusieurs siècles en arrière.
Margaret Thatcher est restée célèbre, entre autres, pour avoir affirmer que la société n'existait pas. En disant qu'il veut créer la Big Society, je me demande si Cameron ne dit pas la même chose. A l'inverse de Margaret Thatcher, en tout cas, il pense pouvoir la créer. Ce qui est peut-être encore __________ (worst).
Cadeau Bonus: J'ai réécouté "We are the world". Je _____________ (wonder) si le vrai précurseur de la "Big Society" n'était pas feu Michael Jackson.

Thursday, 10 February 2011

Analyse de l'audience d'extradition de Julian Assange par Amandine

Un autre article très intéressant d'Amandine, journaliste free-lance basée à Londres: Audience d'extradition de Julian Assange

Je vous conseille d’aller sur son site accent francais pour l’article  La révolution dans les rues de Londres? et les impressions éprouvées.

 

Assange, fin de party?

Lever à 6 heures, pas loin de trois heures de transport en commun aller-retour, un Algeco surchauffé comme salle de presse. La journée a été longue mais quelle journée! Je croyais assister à une audience d'extradition. Or, j'ai plutôt eu l'impression de suivre une corrida haletante. Derrière la muleta, une avocate anglaise passée maître dans l'art du contre-interrogatoire: Clare Montgomery.
Hier (puisque minuit est passé à l'heure où je publie ce post), avait lieu la deuxième journée d'audience concernant la demande d'extradition de Julian Assange par la Suède. Et ce qui s'annonçait comme une audience soporifique s'est transformée en une démolition en règle de la défense de Julian Assange par Clare Montgomery, qui représente le parquet suédois dans cette affaire. En tendant l'oreille, j'aurais juré entendre le bruit d'un fouet ponctuer la fin de chaque question posée par Montgomery -l'avocate sait jouer avec les silences à la perfection, juste le temps que le juge et les journalistes impriment dans leur mémoire l'humiliation qu'elle a fait subir au témoin. Sur la forme, et, en partie sur le fond, au terme de ces deux jours, les avocats d'Assange ont été battus.
Résumé des épisodes précédents pour ceux qui auraient décroché : Assange, le co-fondateur de Wikileaks, est accusé d'agressions sexuelles et de viol par deux Suédoises. Une procureure, Marianne Ny, souhaite l'interroger à ce sujet. Comme elle n'a pu l'interroger en Suède où Assange se trouvait jusqu'à la fin septembre, elle a émis un mandat d'arrêt européen contre lui. Assange refuse d'être extradé en Suède, d'où l'audience de ces deux derniers jours.  
Lundi déjà, Montgomery avait montré que 1) elle ne se laissait pas du tout impressionner par la verve de Geoffrey Robertson, la star du barreau londonien qui défend Julian Assange ; 2) que ses questions sont autant de banderilles, que les témoins convoqués par la défense n'ont pas réussi à éviter. Bref, que la dame a un sens aiguisé du détail et aucune pitié lorsqu'il s'agit d'attaquer la crédibilité d'un témoin de la défense.
Je pense en particulier à Brita Sundberg-Weitman. Une juge à la retraite, sorte d'Eva Joly en suédoise, en un peu plus âgée et plus radicale qui, grosso modo, a dépeint la procureure Marianne Ny comme une féministe hystérique (soyons exacte, elle a dit "Je ne comprends pas son attitude. [..] Elle a l'air diabolique. [..] C'est une militante féministe radicale."). Le personnage mérite qu'on lui consacre plusieurs paragraphes mais, disons, en quelques mots, que 1) le sens de la mesure n'est pas son fort, que 2) elle semble se considérer comme la dernière défenseuse d'une justice indépendante en Suède et  qu'enfin 3) Brita Sundberg-Weitman, qui conserve une évidente vivacité d'esprit,  n'est plus exactement au coeur du système judiciaire -elle a pris sa retraite il y a 10 ans.
Mardi, parmi les moments particulièrement savoureux que nous a offerts Clare Montgomery, je citerais:
- le moment où l'avocat suédois d'Assange, Bjorn Hurtig, a reconnu qu'il s'était "trompé" en affirmant que Marianne Ny avait attendu 5 semaines avant de demander à interroger Assange (en fait, il s'est écoulé 3 semaines). Comment dire...il était penaud. Hurtig a expliqué qu'il s'était aperçu de son "erreur" hier soir, qu'il avait beaucoup de clients etc. Sa crédibilité a pris un coup de massue. Je ne sais pas ce qu'il en restait lorsqu'il est repris l'avion pour Stockholm ce soir. Je pense que sa crédibilité était en mesure de voyager à l'aise dans un bagage-cabine (pas besoin de payer de supplément bagage).
- dans le "top three", je placerais également le moment où Montgomery a demandé à Geoffrey Robertson et à Mark Stephens, les avocats d'Assange, de s'assoir pendant qu'elle procédait à un contre-interrogatoire. "Mr. Roberston should sit down" dit sur un ton mi- maîtresse d'école, mi-tiger mother. Priceless.
- et, enfin, s'il faut vraiment choisir, le moment où Clare Montgomery a insisté pour que Robertson soit à l'heure vendredi matin pour la dernière journée d'audience car elle doit prendre un avion pour Hong-Kong en fin d'après-midi. Je crois que c'est le petit plaisir qu'elle s'est accordée pour célébrer publiquement et, ma foi, sobrement, son passage au crible des témoins de la défense.
Sur le fond, cela prendrait beaucoup de temps de revenir sur chacun des arguments de la défense. Je pense que les avocats d'Assange ont des arguments valables concernant la procédure (notamment le fait qu'Assange aurait pu être interrogé à Londres par des policiers anglais, voire par des policiers suédois; le cadre procéduriel existe) mais ils se sont un peu dispersés. Par exemple, ils ont fait le choix de mettre en cause le caractère équitable du système judiciaire suédois. Ils s'attardent longuement sur le fait qu'en Suède les procès pour viol sont tenus à huis-clos et que cela constitue, à leur sens, une violation des droits de l'accusé. Par moments, ces critiques s'apparentent à un dénigrement du système judiciaire suédois.
Et que dire du traitement auquel a droit la proc' suédoise, Marianne Ny, représentée à l'audience par Clare Montgomery? Mardi soir, l'un des avocats d'Assange, Mark Stephens, lui a lancé un appel. Il lui demande de venir à Londres vendredi, pour la dernière journée d'audience, afin d'être interrogée par Geoffrey Robertson. "Viens te battre si tu es une femme." Ca n'est pas ce qu'a dit Stephens, en tout cas pas littéralement, mais le message est le même. Depuis le début, Stephens joue beaucoup la carte des médias. En décembre, cela a bien fonctionné. Mais, est-ce que cette déclaration n'est pas la phrase de trop? Un macho, blessé dans son orgueil, n'aurait rien dit de différent.

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